Berlin, un vieux rêve car passionné d’histoire contemporaine l’histoire de l’Europe et du monde ces 2 derniers siècles est marqué du sceau de la capitale allemande.
Toujours dans ma quête des marathons des capitales européennes Berlin l’un des « majors » est un passage incontournable.

L’an dernier je motive mes troupes et sans réponse je décide de partir seul, trop tard plus d’inscription je me retourne donc vers les agences de voyages spécialisées, et me voilà plus léger d’une certaine somme et alourdi d’un stress grandissant.
Berlin sera ma dernière tentative pour brisée le « mur » des 3 heures, après 3 échecs successifs en l’occurrence Reims blessure pendant la course, Paris entorse cheville 3 semaines avant, et Amsterdam mauvaise gestion de ma course. Les chasseurs de temps savent aussi bien que moi qu’une bonne prépa est épuisante tant au niveau physique que mental donc Aléa Jacta Est….
Après une année riche en événements sportifs (des réussites mais un gros échec) je me ressource durant ma trêve estivale, et c’est parti pour une prépa 6 semaines (pour un marathon d’automne c’est suffisant) or Berlin étant fin septembre cela coïncide avec mon retour de transhumance estivale.
Donc en avant pour un plan tout en finesse, avec un gros travail sur l’allure 4min16/kilo pour les puristes (que vous êtes tous)
Mon plan c'est déroulé sans trop d'accros (toutes ressemblances avec une série télé des années 80 n'est que fortuite)
Donc Vorwärts zu berlin levé 4h du matin vendredi en direction de Charles de Gaulle puis changement d'avion a Amsterdam et première surprise à Berlin plus de valise (perdu a Amsterdam) et là c'est le drame voire même un grand stress, déclaration de perte de bagages (heureusement que les allemands parlent bien anglais), arrivée en mode moral dans les runnings (que je n'avais plus). Je suis vidé, mon emploi du temps est passablement bouleversé j avais prévu mon passage au marathon expo l’après-midi, je reporte au lendemain. Dans ma chambre d’hôtel je tente de lire j en suis incapable, je pars en ville en reconnaissance afin de trouver un magasin de sport (il faut penser a se rééquiper et s'habiller). La ville est belle et agréable (il me faut au moins ça).
Le soir arrive après un repas avalé sans appétit je retourne à l'hôtel et là oh joie ma valise m'attend à l'accueil je passe enfin sous les 100 BPM. Il va falloir remonter en puissance et tenter de me réconcentrer.
Le lendemain visite de la ville 3heures de marche (pas une bonne idée mais bon la ville le vaut bien) j'en prends plein les yeux, que d'histoires, et de mémoriaux (hélas), direction le marathon expo (impressionnant) celui de Paris paraît tout petit !!!!
L'après midi un peu de repos de marche et une petite sortie (je n ai plus de jambes ou plutôt j ai mal partout). La nuit fut courte trop courte.
Réveil 6h30, pas d’appétit mon gatosport ne passe pas (normal) 7h30, départ à pied vers le Reichtag, une longue colonne odorante (camphre) serpente dans les rues (c'est impressionnant) quand on entend toutes les langues du monde.
Ca y est j'y suis dépôt à la consigne de mes affaires, maintenant il faut attendre, pause pipi, boisson d'attente, échauffement léger, et je me rends dans mon sas le C (3h) car il y a aussi un 2h30 et 2h45 (une première pour moi).
30 minutes c'est long heureusement le temps est de la partie 13°, 15 minutes, 5 minutes la pression monte et les jambes sont lourdes.
Vérification du garmin, je fais dans le minimalisme juste le chrono, l'allure, et le partenaire virtuel réglé sur 4min15.
5,4,3,2,1 go....................................................
Chrono déclenché sous l'arche
C'est le départ, pas de jambes je n'y arrive pas ......
Km 1 le garmin vibre 4min30 je me dis cela commence bien 14s de retard, je vois le ballon des 3h qui s'éloigne.
Je fais dans l’introspection (il n y a pas d'autres choses à faire) et décide de ne pas me mettre de pressions inutiles, « mets-toi à une allure où tu te sens bien », je passe en mode mécanique, et regarde la ligne bleue.
Km2 4min05 tiens pas mal, Km3 4min04 et ainsi de suite, le meneur d'allure me paraît toujours aussi insaisissable, « pas grave je l'aurai plus tard », les ravitos passent bien.
Km10 je suis dans la course, le partenaire virtuel est même d'accord avec moi (pour une fois)
Km15 mon avance s’accroît je me sens bien malgré des km entre 4min05 et 4min10 mais bon je ne ralenti pas, advienne que pourra !!!!!
Km20 l'avance s’accroît encore, un camion de pompier arrose les coureurs et je marche dans une flaque, l'eau rentre dans la chaussure et ma chaussette est trempée (pas cool)
Le semi enfin 1h28 je suis juste comme il faut, maintenant le plus dur reste à faire !!!!
Zut une ampoule se forme (chaussette trempée ampoule éclairée)
Km25 oups l'ampoule éclate (la vache bobo) et le mental va devoir passé en mode guerrier, je double le meneur d'allure ENFIN
Le ventre s'y met aussi, je passe les détails gastriques (c'est un peu gore) surtout penser a autre chose.
A mon fils me faisant un câlin quand nous regardons un dessin animé ensemble,
Un bisou de ma fille,
Un je t aime,
Mon épouse qui me soutient,
La lutte contre la maladie de ma mère (le plus dur des combats, mes douleurs ne sont rien en comparaison)
Km30 là le combat commence réellement (les marathoniens comprendront) coup d’œil ; mon avance reste correcte, maintenant je me dis tu gères !!!
Et la tête prend possession des jambes, je fais un black out pendant peut être 2 minutes je n ai plus conscience de rien, je me réveille un peu affolé, oups et me répète des phrases bateau
Tu n'es pas là pour rire l’entraînement était dur pour vaincre facilement
La douleur s’en va le regret reste
Tu as déjà vécu l'échec, tu vas vivre une grande joie
Penses à l'arrivée, que 12km, tu fais ça tout les jours
Je relance, les jambes sont lourdes, je me dis que j ai de l avance je peux lever le pied et aussitôt non tu gardes le rythme.
Km35 7km c'est une sortie récréative avec les potes (une pensée pour Christophe à Millau, Stéphane alias Piranha sur les Terrils), mon heure de gloire approche ENFIN
Km38 que j'avais vu lors de notre visite guidée il est enfin là, un coup d'œil au Garmin c'est bon rien ne peut plus m'arriver, le public nous porte (je le vois enfin il est fantastique, le tour de France lors d'une étape de montagne)
Km40 c’est gagné j ai gravi mon Olympe je savoure, mais ne lâche rien
La Porte de Brandebourg j'en ai rêvé tant de fois quelle est belle !!!!!!!
Encore 400m 300m 200m dieu que c'est long, les larmes montent …......
2h58 je passe la ligne d'arrivée et verse la larme de la victoire, la même joie que lors de mon premier marathon, une joie intense si intense..................
